Les objectifs: un festival pour et par les enfants

Les possibilités d'accès aux films se multiplient en même temps que les écrans. Il est donc nécessaire d''apprendre à regarder, à analyser et à comprendre l'image pour ne pas être qu'un consommateur. C’est en résumé les objectifs des organisateurs qui complètent le propos en insistant sur la formation : « En devenant réalisateurs, les enfants apprennent aussi à devenir des spectateurs attentifs et critiques".

Le festival de Bourg est donc un festival pour et par les enfants qui cible 2 axes essentiels : l'éducation à l'image et la promotion d'un cinéma de qualité pour les enfants.

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 Le festival au fil des années

En 1982, suite au succès du Festival "L'enfant et l'image" de juin 81, les Francas, le Comité de coordinationdes centres de loisirs et la Fédération des Oeuvres Laïques décident d'organiser le Festival du film d'animation pour la jeunesse de Bourg-en-Bresse afin de sensibiliser le public aux problèmes rencontrés par le cinéma pour enfants et plus particulièrement par le cinéma d'animation. La programmation souhaite faire découvrir des films peu distribués ; l'accès aux séances est entièrement gratuit pour permettre au plus grand nombre de profiter de cette nouvelle manifestation culturelle.

Les membres fondateurs ont donc un quadruple défi :  programmation de qualité ; formation des jeunes ; richesse des échanges ; convivialité. C'est sur ces valeurs que l'Office Central de Coopération à l'Ecole (OCCE) a rejoint le collectif d’organisation en 1996.

Jean-Jacques Bernard, alors journaliste à Antenne2, Libération et Première, a été un soutien précieux lors de la création du festival. Dès cette première édition et jusqu’en 2002 ,  deux jurys (jury adultes formé de 5 professionnels et jury jeunes formé de 7 jeunes entre 12 et 14 ans) décernent les prix courst et longs métrages. Le prix du public viendra se rajouter en 1987.

Dès les premières années, le succès est au rendez-vous avec une fréquentation qui atteindra jusqu’à 20 000 spectateurs et la venue de personnalités françaises (René Laloux, Albert Uderzo ; Jacques Rouxel, Albert Barillé…)  et de nombreux professionnels étrangers.

A partir de 1985, les entrées deviennent payantes selon un tarif très modique, ce qui est toujpurs le cas (aujourd’hui, l’abonnement à 12€ donne accès à une quarantaine de séances).

A partir de 1993, les difficultés d’organisation qui repose sur de nombreux bénévoles d’associations d’éducation populaire imposent de passer à un festival bisannuel. Mais pour garder un rendez-vous durant les vacances d’automne, « Les journées du cinéma d’animation » proposent une programmation allégée. Heureusement, l’embauche, en 2000, d'un permanent qui s'occupera à plein temps de l'organisation du festival et de la mise en place de formations tout au long de l'année apporte une bouffée d'oxygène à toute l'équipe d'organisation.  L’actuel directeur du festival est en poste depuis 2006, ce qui assure continuité et expérience à l’association.

En 1998, les organisateurs souhaitent donner un coup de projecteur sur la production de courts métrages qui dorénavant fera seule l’objet d’un palmarès.

Une autre évolution importante a lieu en 2002 avec la suppression du jury professionnel, la parole est essentiellement donnée aux enfants et aux ados. Le seul jury officiel est donc composé de jeunes, de 12 à 15 ans, accompagnés par un parrain qui apportera son expérience de l'animation pour informer et former le jury sans intervenir dans les choix qui seront faits. 

En 2005, l’appellation festival retrouve sa place qu’il y ait compétition ou pas. Du coup, il faut remettre à jour le compteur pour comptabiliser toutes les éditions.

A partir de 2008, la formule de la compétition de courts métrages évolue, les films sont présentés lors d’une soirée spécifique de projection des films sélectionnés en deux parties avec une indication d'âge pour le public. Cette nouvelle formule permet aussi de programmer la compétition dans certaines antennes départementales et d’avoir une audience élargie pour l'attribution du prix du public. Ce changement va s'avérer payant car la soirée compétition fait salle pleine et va, au fil des ans, fidéliser un public pour devenir une séance traditionnelle à ne pas rater.

En 2011, la compétition redevient annuelle et la manifestation adopte le format qui a cour aujourd’hui : une dizaine de séances pour les scolaires avec dossiers pédagogiques puis cinq jours de fête pour une quarantaine de séances en moyenne dans 5 salles de Bourg (sans oublier quelques communes partenaires), un jury jeunes accompagné par un professionnel, une nuit de cinéma pour débuter, puis les traditionnelles séances de compétition le dimanche et de remise des prix le mercredi. Cette dernière se couplant le plus souvent avec "Les groupes refont la bande son". Entre-temps, diverses animations en médiathèque, plusieurs ateliers visant à la participation d'une cinquantaine de personnes au moins, un stage de plusieurs jours pour les ados, des rencontres avec des professionnels, des avant-premières, un ciné-concert, le tout agrémenté par toutes les opportunités que l'actualité cinématographique propose.

Historiquement, le festival s’adressait à l’enfance, mais son public est dorénavant plus large, les séances programmées sont destinées suivant les cas aux petits, aux ados et aux adultes par des propositions très variées et en programmant des films en verion originale sous-titrée. Désormais, entre 300 et 500 films sont proposés pour la sélection chaque année, une vingtaine est retenue en sélection officielle mais un panorama permet d'élaborer un tour d'horizon plus complet de la production mondiale. Le festival a réussi à fidèliser un public autour des séances de courts métrages. Un challenge que s’étéaient fixé les organisateurs car c’est là que s’épanouit la diversité et la richesse de l’animation. Chaque année, sur la quarantaine de séances programmées à Bourg et dans les communes partenaires, une moitié propose des courts métrages.

Les rencontres d’ateliers de jeunes réalisateurs

En 1984, les premières Rencontres d’ateliers de jeunes réalisateurs sont organisées en parallèle au festival. Elles consistent à réuir des groupes de jeunes européens qui viennent présenter leurs films dans une vraie salle de cinéma, échanger autour de leur expérience et rencontrer des professionnels. Ces rencontres sont le reflet des actions d’initiation au cinéma d’animation mises en place dans le milieu scolaire et dans le domaine des loisirs en France et parout en Europe. Au fil des ans, une quarantaine d'enfants et d'adultes sont présents à Bourg. Les participants viennent de l’Ain et de la région mais aussi de Bretagne, de Normandie … et de pays européens (Russie, Danemark, Finlande, Portugal, Belgique, Suisse, Grande-Bretagne, Croatie…). Ces rencontres sont donc un véritable carrefour européen des jeunes réalisateurs. Les films sont projetés au public en première partie des longs métrages, ainsi les jeunes réalisateurs présentent leur film devant un public très nombreux. Un professionnel parraine chaque année ces rencontres et fait bénéficier les groupes de son expérience.

Les Rencontres d'ateliers des jeunes réalisateurs se sont tenues jusqu’en 2008, ce fut une formidable expérience,

Les groupes refont la bande son

En 2008, le festival refait le son en proposant animations et ateliers permettant au public d'appréhender la technique de fabrication du son et d’en éprouver l’importance dans la réalisation d’un film. Dans ce cadre, est organisée pour la première fois la séance "Les groupes refont la bande son".

 Des musiciens ou groupes locaux vont créer leur propre bande son sur un film sélectionné par le festivalet dont une copie muette est fournie aux artistes. Les diverses créations sont jouées en direct et permettent de découvrir des ambiances différentes pour des images identiques suivant les choix effectués par chacun. Bien sûr, cette séance donne lieu à des échanges entre musiciens et public.  A plusieurs reprises, les réalisateurs sont présents et redécouvrent leur film sous des aspects inattendus et ont apprécié la séance. Cette innovation est une grande réussite et deviendra, lors des futurs festivals, un rendez-vous incontournable qui a lieu chaque année sur la SMAC (scène de musique actuelle) de « La Tannerie ».

 Tous les genres musicaux ont été testés (rock, classique, punk, électro…) ; des musiciens de tous horizons se sont essayés à l’exercice ( chanteur à capella, pianiste, violoniste, fanfare, groupes, école de musique…).

Pour chaque édition 3 ou 4 musiciens ou groupes sont choisis en variant les univers musicaux. Lors de la séance, le film (d’une durée de 3 à 4 minutes) est donc projeté autant de fois que nécessaire. La séance s’achève par la projection du film avec la bande son originale. Il ne s’agit aucunement de comparer les productions, mais de permettre aux spectateurs de mieux appréhender l’importance de la musique sur l’ambiance du film et d’offrir aux musiciens locaux une exprérience dont tous soulignent la richesse.

Le festival du film d’animation pour la jeunesse de Bourg-en-Bresse se déroule chaque année au cours de la semaine avant les vacances d’automne pour les scolaires et durant les 5 premiers jours de vacances pour le tout public. La compétition de courts métrages présente une vingtaine de films, un jury de 7 adolescents accompagné par un professionnel décerne le grand prix du festival. Un prix du public est également attribué. En complément, la programmation présente des films récents projetés dans plusieurs salles de la ville ainsi que dans d’autres communes du département de l’Ain. En parallèle, des ateliers d’initiation, des formations, des expositions et des animations spéciales permettent de se plonger dans l’univers du cinéma d’animation.

Le Festival du film d’animation de bourg-en-Bresse fait parti du collectif Festival connexion de la région AURA.

La quarantième édition du festival se tiendra fin octobre 2021.